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Tous
les surfeurs doivent en être conscients: Internet est le fruit d'une
longue succession de découvertes géniales. Bien entendu, il est
difficile de comprendre Internet sans se pencher quelques instants
sur l'histoire de l'ordinateur; nous examinerons donc la genèse et
le développement de ce qui est vraisemblablement la plus grande
invention du XXe siècle.
Ensuite, nous verrons dans quel contexte Internet a vu le jour et a pris
l'extension que nous lui connaissons; enfin, nous terminerons par les
perspectives offertes par Internet et une liste de références pour les
surfeurs qui veulent en savoir plus.
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La
préhistoire de l'informatique |
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Pour que l'ordinateur existe, il a fallu la rencontre de plusieurs
événements. D'une part, des philosophes-mathématiciens comme Leibniz
et Boole ont inventé
le système binaire et
réduit la logique à la simple algèbre; d'autre part des
physiciens (Oersted, Arago) ont découvert les lois
de l'électromagnétisme. Enfin, des inventeurs de génie ont mis
patiemment au point des machines à calculer se basant sur le
principe sur le principe que tout calcul compliqué peut être
décomposé en une suite d’opérations plus simples,
susceptibles d’être exécutées automatiquement. Les premières
machines à calculer, réalisées par Wilhelm Schickard, Pascal
et Leibniz, remontent au début du XVIIe siècle.
Elles effectuaient les opérations arithmétiques de base
(additions et soustractions, mais également conversions de
monnaie pour la machine de Pascal, les autres machines réalisant
de plus multiplications et divisions). |
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Pascal
(Blaise) 1623-1662
Mathématicien, physicien et philosophe
français. A l'âge de 18 ans, il invente la Pascaline,
première machine à calculer pouvant réaliser le travail de 6
comptables.
Au
début du XIXe siècle,
Charles Babbage (1792-1871) construisit une machine qui
peut être considérée comme l’ancêtre des ordinateurs.
Malheureusement, elle ne put jamais fonctionner de façon
convenable, la technologie de l’époque étant trop
rudimentaire. Il fallut attendre la fin du XIXe siècle
et l’utilisation de l’électromécanique pour voir apparaître
les machines mécanographiques. Très spécifiques d’un
traitement donné (trieuses, tabulatrices, etc.), elles
nécessitaient de nombreuses opérations manuelles, ce qui nuisait
à leur rendement. En effet, tout traitement à effectuer par la
machine était spécifié par un câblage, réalisé sur un
tableau de connexions. Cette programmation pouvait prendre de
quelques heures à plusieurs jours, selon la complexité du
problème. Ultérieurement, les ordinateurs utilisant cette
technique de programmation seront appelés machines à
programme affiché . |
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Babbage
(Charles) 1792-1871)
Mathématicien anglais. Sa machine
à calculer, de la taille d'une locomotive, ne fonctionna jamais
en raison du manque d'investissement. Mais il eut le mérite de
tenter, pour la première fois, l'utilisation des cartes
perforées inventées par le français Jacquard pour automatiser
ses métiers à tisser. |
Peu avant la Seconde Guerre mondiale apparurent les premières
calculatrices électromécaniques,
construites selon les idées de Babbage. Ces machines furent vite
supplantées par les premiers calculateurs électroniques,
nettement plus performants. Le premier calculateur entièrement
électronique, dénommé ENIAC (Electronic Numerical
Integrator and Computer), fut construit en 1946 avec des tubes à
vide. |
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Le
calculateur ENIAC 1946 |
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Comme
les machines mécanographiques dont il découlait, l’ENIAC
était une machine à programme affiché. Les inconvénients de
cette technique de programmation conduisirent à la définition et
à la réalisation de machines à programme enregistré ,
c’est-à-dire de machines dotées d’une mémoire capable de
contenir à la fois les programmes et les données à traiter. La
structure des machines à programme enregistré a été décrite
en 1946 par un mathématicien américain d’origine allemande, John
von Neumann. Cette architecture de machine est encore valable
de nos jours, et la plupart des ordinateurs actuels s’en
inspirent.
L’architecture
de von Neumann
John von Neumann a proposé une structure universelle de machine
à calculer et en a défini les constituants de base. La machine
est composée des éléments suivants:
– un
organe de calcul, susceptible d’exécuter les opérations
arithmétiques et logiques, l’unité arithmétique et logique ;
– une mémoire ,
ou mémoire centrale ,
servant à la fois à contenir les programmes décrivant la façon
d’arriver aux résultats et les données à traiter;
– des organes
d’entrée-sortie ,
ou périphériques ,
servant d’organes de communication avec l’environnement et
avec l’homme;
– une unité
de commande
(control unit )
permettant d’assurer un fonctionnement cohérent des éléments
précédents.
L’ensemble formé par l’unité arithmétique et
logique, d’une part, et l’organe de commande, d’autre part,
constitue l’unité centrale
ou processeur .
L’ensemble des composants physiques, appelé matériel
(hardware ),
est commandé par un logiciel
(software ).
L’unité centrale ne peut effectuer qu’un ensemble restreint d’opérations
élémentaires, spécifiées à l’aide d’instructions .
L’ensemble des instructions exécutables constitue le jeu d’instructions ;
celui-ci caractérise une architecture donnée.
Une instruction est composée de plusieurs parties, les champs ,
parmi lesquels figurent principalement le code opération ,
définissant l’opération à exécuter, et l’adresse ,
précisant la localisation de l’opérande en mémoire.
Les instructions de la machine décrite par von Neumann ne
comportaient qu’une seule adresse, mais la plupart des machines
ultérieures en eurent plusieurs: deux adresses (adresse du
premier opérande, adresse du second opérande), voire trois
(adresse du premier opérande, adresse du second opérande et
adresse de rangement du résultat.
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Les
débuts de l'ordinateur |
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Examinons
maintenant les inventions capitales qui ont permis le
développement de l'ordinateur et, de ce fait, la naissance
d'Internet.
Décembre
1947 : Invention du transistor par William Bradford Shockley, Walter
H. Brattain et John Bardeen dans les laboratoires de Bell Telephone
Janvier
1948 : Wallace Eckert de chez IBM et son équipe terminent le SSEC
(Selective Sequence Electronic Calculator). Cette machine hybride
est composée de plusieurs systèmes de stockage : 8 tubes à vide,
150 mots sur une mémoire à relais et 66 boucles de bandes papier
pouvant stocker au total 20000 mots de 20 digits au format DCB.
Cette machine pouvait lire ses instructions de l'une des boucles de
papier, voire même en mémoire, ce qui en fait aussi un calculateur
à programme enregistré (même si la capacité mémoire était
minime). Du point de vue d'IBM, il s'agit donc du premier vrai
ordinateur.
Juin
1948 : NewMan, Williams et leur équipe de l'université de
Manchester terminent une machine prototype appelée Manchester Mark
I avec un nouveau type de mémoire composée de tubes cathodiques :
pour stocker un bit d'information, un rayon cathodique allumait un
point sur le tube qui restait alors allumé. Pour le lire, il
suffisait de pointer le rayon au même endroit et de faire une
mesure de voltage avec une électrode placée de l'autre côté du
tube ! Le Mark I disposait ainsi d'une mémoire de 1024 bits tenant
en un seul tube.
La machine était programmée (en binaire) avec le programme stocké
en mémoire et les résultats étaient lus sur un autre tube en
binaire. Il s'agit dont du premier vrai ordinateur.
1951
: P. Eckert et J. Mauchly, ayant revendu leur compagnie à Remington
Rand, lancent l'UNIVAC I (UNIversal Automatic Computer). Il s'agit
du premier ordinateur commercial de l'histoire. Le premier fut vendu
au bureau de recensement Américain pour la modique somme de 750000
$ pour l'ordinateur et 185000 $ pour l'imprimante rapide. Il était
capable d'exécuter 8333 additions ou 555 multiplications par
seconde. 56 exemplaires furent vendus.
Juillet
1953 : IBM lance son premier ordinateur commercial en série : l'IBM
650, conçu pour être compatible avec les machines de comptabilité
mécanique à cartes perforées de la marque.
Bien que lent, peu fiable car basé sur la technologie des tubes à
vide et coûteux, un millier d'exemplaires seront fabriqués. Ce
sera le premier ordinateur de nombreuses universités Américaines
grâce à de gros rabais consentis par IBM dans le but de
familiariser les étudiants avec l'informatique et surtout
fidéliser l'éventuelle future clientèle.
L'ordinateur
devient interactif
Jusque
la, l'ordinateur était une énorme machine inaccessible et
destinée à traiter des masses de données sans intervention
extérieure. L'augmentation des performances va maintenant permettre
à l'ordinateur de "communiquer" avec l'être humain !
C'est aussi à ce moment que le premier réseau d'ordinateurs ARPANET
ancêtre d'Internet, va naître.
1956 :
Création du premier ordinateur à transistors par la Bell : le
TRADIC qui amorce la seconde génération d'ordinateurs.
1956 :
IBM commercialise le premier disque dur, le RAMAC 305 (Random Access
Method of Accounting and Control).
Il est constitué de 50 disques de 61 cm de diamètre et peut
stocker 5 Mo.
1957 :
Création du premier langage de programmation universel, le FORTRAN
(FORmula TRANslator) par John Backus d'IBM.
1957 :
Suite au lancement du premier Spoutnik par les Soviétiques, le
président Dwight D. Eisenhower crée l'ARPA (Advanced Research
Project Agency) au sein du DoD (Department of Defense) pour piloter
un certain nombre de projets dans le but d'assurer aux USA la
supériorité scientifique et technique sur leurs voisins Russes.
1958 :
Pierre Chenus, Jean Bosset, et J.P. Cottet de la Compagnie des
Machines Bull développent le Gamma 60, le premier superordinateur
Français dédié au calcul intensif avec un support hardware du
multithread. Cette machine très rapide et très en avance sur son
temps sera fabriquée à 12 exemplaires.
1958 :
Suite à une conférence entre Américains et Européens est lancée
l'idée d'un langage standard universel : ALGOL 58 (ALGOrithmic
Language).
1958 :
Démonstration du premier circuit intégré crée par Texas
Instruments
1958 :
La BELL crée le premier Modem permettant de transmettre des
données binaires sur une simple ligne téléphonique.
1958 :
Willy Higinbotham, physicien au Brookhaven National Laboratory crée
le premier vrai jeu vidéo de l'histoire basé sur une machine
dédiée construite à base de lampes. Il s'agissait d'un jeu très
similaire au le jeu Pong qu'Atari sortira en 1972.
1959 :
L'ordinateur ATLAS I étudié par l'université de Manchester et
Ferranti introduit deux nouvelles technologies fondamentales pour
les ordinateurs modernes : la mémoire virtuelle et la
multiprogrammation (on dirait aujourd'hui multi-tache).
L'execution des instructions s'effectuait en "pipeline" et
la machine disposait d'une unité de calcul sur les entiers et une
unité de calcul en virgule flottante. Elle développait une
puissance de 200 kFLOPS.
1960 :
Publication du cahier des charges du langage de programmation COBOL
(COmmon Business Oriented Language). Il devient, après le FORTRAN,
le second grand langage de programmation universel, faisant ainsi
rapidement disparaître l'ALGOL.
Novembre
1961 : Fernando Corbato et Robert Fano du MIT font la demonstration
de CTSS (Compatible Time Sharing System) le premier système
d'exploitation multi-utilisateurs. Lors de cette démonstration, 3
utilisateurs se sont connecté simultanément sur un ordinateur pour
y travailler comme si chacun disposait de sa propre machine.
CTSS sera utilisé en production au MIT entre 1963 et 1973.
1962 :
En France, Philippe Dreyfus invente le mot informatique pour
désigner la science du traitement de l'information et des
ordinateurs.
1962
- Septembre 1964 : John Kemeny et Tom Kurtz du Dartmouth College
développent le système d'exploitation DTSS (Dartmouth Time Sharing
System) permettant à 32 personnes de se connecter simultanément
sur un même ordinateur.
1964 :
Thomas Kurtz et John Kemeny créent le langage BASIC (Beginner's
All-purpose Symbolic Instruction Code) au Dartmouth College pour
leurs étudiants.
1965 :
Ted Nelson publie un premier papier sur le concept de nombreux types
de documents informatiques reliés entre eux. Il utilise les mots
hypertexte et hypermedia pour décrire ce concept, par la suite plus
connu sous le nom de Xanadu.
1965 :
Lawrence G. Roberts va, avec Thomas Merill, connecter l'ordinateur
TX-2 au Massachussets avec l'ordinateur Q-32 en Californie par une
liaison téléphonique. Cette expérience va prouver la faisabilité
et l'utilité d'un réseau d'ordinateurs. Elle va aussi achever de
convaincre Roberts de la supériorité de la commutation de paquet
par rapport à l'utilisation de circuits dédiés comme ce fût le
cas dans cette expérience.
1965
: Digital présente le PDP 8, le premier mini ordinateur qui marque
une étape importante dans la miniaturisation et la diminution du
prix des ordinateurs. Une publicité montrait qu'on pouvait le
transporter sur la banquette arrière d'un cabriolet Coccinelle. Son
prix était 5 fois plus petit que celui du moins cher des IBM 360.
1965 :
Gordon Moore écrit que la complexité des circuits intégrés
doublera tous les ans. Cette affirmation qui s'est par la suite
révélée exacte est maintenant connue sous le nom "Loi de
Moore".
1966 :
Le langage de programmation LOGO est crée par une équipe chez BBN
(Bolt Beranek & Newman) dirigée par Wally Fuerzeig dont faisait
partie Seymour Papert. Ce langage très graphique est basé sur le
principe d'une tortue que l'on pilote à l'écran en lui donnant des
ordres (tourner, avancer, etc...).
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Naissance
et développement d'Internet
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Après
le succès scientifico-militaire remporté par les Soviétiques en
octobre 1957 avec le lancement du Spoutnik en pleine guerre
froide, le président Eisenhower demande au ministère de la
Défense américain de créer l'ARPA (Advanced Research
Project Agency), l'agence pour les projets de recherche
avancée. Rassemblant les meilleurs scientifiques américains,
l'ARPA est mise en place pour renforcer la recherche susceptible
d'intéresser les militaires.
En 1962, le psychologue Joseph Licklider est nommé au sein
de l'ARPA pour diriger une équipe de recherche sur
l'amélioration de la transmission d'informations par voie
d'ordinateurs, le gouvernement américain cherchant à créer un
réseau de communication invulnérable à une attaque nucléaire. Paul
Baran de la société RAND (Research ANd
Development) est chargé par l'ARPA d'étudier ce problème.
Deux ans plus tard, en 1964 il soumet à l'ARPA sa proposition :
le réseau devra être décentralisé et présenter une structure
maillée, chaque nœud (ordinateur) étant aussi bien capable
d'envoyer que de recevoir des messages. De plus, pour des raisons
de sécurité et de fiabilité dans les échanges d'informations,
chaque message devra être segmenté en petits paquets envoyés
séparément au destinataire, et pouvant suivre un chemin
différent mais toujours en essayant plus ou moins de s'approcher
de la destination afin d'éviter des paquets « retardataires ».
Arrivé à destination, le message sera reconstitué par
l'ordinateur cible en rassemblant les paquets dans le bon ordre.
Il s'agit là de la technologie dite du packet-switching
ou de « commutation de paquets » dont Paul Baran est l'un des
inventeurs, et dont la théorie avait été étudiée par Leonard
Kleinrock au MIT (Massachussets Institute of Technology)
en 1961. Le modèle proposé par P. Baran est séduisant à maints
égards. Tout d'abord, en raison de la structure maillée du
réseau, les connexions entre ordinateurs sont redondantes, si
bien que l'acheminement des messages est assuré même en cas de
destruction partielle du réseau. Ensuite, tous les nœuds étant
équivalents, il n'existe pas de point névralgique dont la
destruction serait fatale au bon fonctionnement du réseau. Enfin,
le packet-switching permet à plusieurs ordinateurs
d'utiliser simultanément une même ligne et garantit la
fiabilité, car l'interception d'un message secret, ou un
incident, n'affecte qu'une petite partie du message. En effet,
chaque paquet porte des informations relatives à son origine et
à sa destination, si bien qu'en cas de perte d'un paquet lors de
son acheminement vers le destinataire, seul ce paquet sera
réexpédié par l'émetteur et non la totalité du message.
En 1968, le National Physical Laboratory en
Grande-Bretagne met en place le premier réseau à commutation de
paquets. Pendant ce temps, l'ARPA étudie un projet beaucoup plus
ambitieux mettant en application la proposition de P. Baran avec
les ordinateurs les plus puissants de l'époque. Internet
était sur le point de naître.
D’Arpanet
à Internet
En août 1969, le premier ordinateur du réseau étudié
par l'ARPA est installé à UCLA (University of
California Los Angeles). En octobre, novembre et décembre de
la même année, trois autres ordinateurs du réseau sont
installés respectivement à Stanford, à l'université de Santa
Barbara (Californie) et à l'université du Utah. Avec ces quatre
ordinateurs interconnectés, chacun doté de la technologie du packet-switching
le projet « ambitieux » arrive à terme : ARPANET
est né. « Log in » est le premier message que
l'on tente d'envoyer à titre d'essai à travers Arpanet, de UCLA
à Stanford. L. Kleinrock, professeur à UCLA tape la lettre « L
» sur l'ordinateur en Californie et demande par téléphone à
ses collègues à Stanford si « L » est apparue sur l'écran de
leur ordinateur. La réponse est... oui. Il tape ensuite « o »,
et la réponse est... oui. Puis « g », et... le système se «
plante » ! Voilà comment il y a trente ans, le réseau qui
allait devenir Internet et donner naissance au web a effectué ses
premiers pas. Il s'agissait néanmoins d'une grande victoire, car
la transmission des deux lettres « L » et « o » annonçait une
véritable révolution.
1971
: e-mail
Après avoir résolu certains problèmes techniques, Arpanet
devient réellement opérationnel, permettant aux quatre
institutions de transférer des données et d'effectuer à
distance certains calculs longs sur plusieurs ordinateurs afin
d'aller plus vite. Cependant, on se rend très vite compte que le
principal trafic d'informations sur le réseau n'est pas relatif
aux données scientifiques ou militaires, mais concerne des
discussions personnelles entre les scientifiques portant la
plupart du temps sur la science-fiction, l'actualité et... les
ragots. On a ainsi très vite ressenti l'utilité d'un programme
indépendant, dédié spécifiquement à la messagerie, afin de ne
pas mélanger les informations personnelles avec les données
institutionnelles. L'idée du courrier électronique (e-mail)
venait de germer. En 1971-72, apparaît le premier programme pour
l'envoi et la réception de courrier électronique (SNDMSG et
READMAIL). Le signe @ que nous utilisons encore aujourd'hui
est introduit dans l'adresse de messagerie et on simule avec
succès l'envoi et la réception du premier e-mail. Au même
moment, on écrit le premier programme de gestion du courrier
électronique (classer, répondre, enregistrer etc.). En 1973, le
courrier électronique représente 75 % du trafic total sur
Arpanet !
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Un
symbole promis à un grand avenir |
1974 : TCP/IP
Au cours des années 1970 le nombre de machines connectées à
Arpanet augmente. En 1971, il y en avait environ 20 ; en 1972, une
quarantaine. En 1973, Arpanet s'étend jusqu'en Grande-Bretagne
avec le University College of London, et la Norvège où
il établit une liaison avec un centre radar. Contrairement aux
réseaux conventionnels qui ne pouvaient accommoder que des
machines de même type, Arpanet présentait un énorme avantage,
celui de pouvoir mettre en liaison différents types de machines,
à condition toutefois qu'elles communiquent toutes selon le même
mode, c'est-à-dire par commutation de paquets (packet-switching).
Il fallait donc que toutes les machines soient dotées d'un
programme qui gère les messages et les paquets selon les mêmes
règles et conventions, selon un même protocole. Cette
normalisation impliquait une sorte de « charte », un protocole
standard universel. Le protocole utilisé sur Arpanet au début
des années 1970 s'appelait le NCP (Network Control
Protocol). Cependant, dès 1973 on envisage
l'établissement d'un nouveau protocole plus performant, capable
de mieux acheminer les messages en cas de destruction partielle du
réseau en cas de guerre. De plus, le nouveau protocole devait
également être capable d'acheminer les informations hors Arpanet
à travers d'autres réseaux comme Ethernet et Telnet qui avaient
été créés entre temps (ou qui allaient être créés) et qui
suivaient d'autres « chartes ». En somme, avec le nouveau
protocole, l'objectif était de créer un réseau de réseaux.
En réponse, Vincent Cerf de Stanford et le mathématicien Bob
Kahn qui travaillait pour la DARPA posent en 1974 les bases
d'un nouveau protocole, le TCP/IP (Transmission Control
Protocol et Internet Protocol). Environ dix ans plus tard
en 1983, le NCP est définitivement abandonné au profit du TCP/IP
que nous utilisons encore aujourd'hui et qui constitue le
protocole de base d'Internet. TCP est chargé de segmenter le
message en paquets et de réarranger ces derniers à la
réception, tandis que IP est chargé d'assurer l'acheminement des
paquets d'ordinateur en ordinateur jusqu'à destination. En effet,
Internet, le réseau des réseaux allait bientôt naître. |
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Vint
Cerf
effectue en 1968
une démonstration de liaison d'ordinateurs par réseau devant
l'ARPA.
Il est également à la base du protocole TCP/IP (1974) |
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D'Internet au www
En 1977, Internet devient réalité car le TCP/IP est
effectivement utilisé pour relier divers réseaux à Arpanet. Le
nombre d'ordinateurs connectés dépasse alors la centaine et
depuis, ce nombre ne cesse d'augmenter d'année en année. En
1984, le cap de 1 000 est franchi et le CERN (Centre
européen de recherche nucléaire) adopte le TCP/IP comme
protocole sur son propre réseau (CERNET). Six ans plus tard, en
1990, alors que le nombre d'ordinateurs connectés atteint les
300 000, le plus grand site Internet au monde est celui du
CERN, futur berceau du web, un vaste ensemble mondial de documents
dits hypertextes et hypermédias distribués sur Internet. Le world
wide web (www), ou web, n'est donc pas Internet. Il ne
constitue qu'un des services, qu'une des fonctions d'Internet, les
autres étant par exemple le courrier électronique, le
téléchargement de fichier, la téléconférence, les newsgroups...
Le courrier électronique (1971) et les newsgroups (1979)
existaient d'ailleurs bien avant l'apparition du web. L'origine du
web remonte à mars 1989 lorsque Tim Berners-Lee, un
informaticien au CERN, propose de créer sur le site Internet du
CERN un ensemble de documents rattachés les uns aux autres par
des liens hypertextes, afin de faciliter la recherche
d'informations pour les physiciens des particules. En 1991,
Berners-Lee introduit les premiers documents hypertextes au CERN :
le world wide web était né. L'année suivante,
Berners-Lee crée sur le serveur Internet de Fermilab aux
États-Unis un lien hypertexte avec le site web du CERN : la toile
mondiale commence à se tisser. En 1993, le nombre de site web
atteint les 600. Aujourd'hui, il en existe plusieurs millions sur
Internet !
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Les
perspectives: Internet, un village global?
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Les
centaines de millions de personnes reliées à Internet sont à
majorité blanches, masculines, habitant des pays très
développés, dotées d'un haut niveau d'éducation et de revenu.
En revanche, le nombre d'abonnés en Afrique, en Asie et en
Amérique latine est minime. Internet véhicule donc l'utopie d'un
monde unifié par les médias telle que la définissait en 1964 le
philosophe canadien Marshall McLuhan. Celui-ci affirmait que les
technologies nouvelles conduiraient rapidement à un village
global où réapparaîtraient les formes de communication
entre les hommes caractéristiques des tribus primitives: la
communion dans la même émotion, le partage des mêmes
sensations, le sentiment d'appartenir à un groupe où chacun se
connaît.
Faut-il suivre l'utopie de McLuhan
ou partager l'anticipation nettement moins optimiste de
Jacques Attali qui divise, dans sa description anticipatrice du
XXIe le
monde en trois. D'une part, quelques centaines de milliers
d'individus riches, éduqués, indispensables au fonctionnement de
la recherche et des grandes entreprises, reliés en permanence à
et par des réseaux (Internet, téléphone portable...); ensuite
quelques centaines de millions de travailleurs aisés,
consommateurs boulimiques d'images vidéo et de télévision,
spectateurs fascinés de la vie des puissants; enfin, abandonnés
à leur sort, les oubliés des réseaux, exclus aussi de
l'économie réelle, marginalisés, loin du monde scintillant des
images, des satellites et
de l'Internet.
Les
perspectives: Internet source de transformations sociales?
Il
faut reconnaître que cette technologie possède un potentiel
immense de transformation sociale. Enormément utilisé dans les
foyers, le Net affecte grandement la gestion des temps libres des
enfants et des parents, entraînant des changements dans leurs
habitudes quotidiennes.
Par exemple, de plus en plus d’Américains délaissent la
télévision pour leur ordinateur. Plusieurs personnes ont troqué
le journal télévisé pour des centres de consultation, en temps réel, de l’information
mondiale. De nombreuses transformations sont donc en cours, mais
plusieurs facteurs influenceront leur rapidité et leur
importance. En effet, compte tenu de l’âge, du sexe ou de la
génération des personnes impliquées dans le changement, l’adaptation
se fera plus ou moins rapidement et avec plus ou moins d’enthousiasme.
Mais
une chose semble certaine, les gens devront apprendre à faire, au
départ du moins, de l’ancien dans le nouveau de façon à faire
accepter le nouveau dans l’ancien.
Aujourd’hui, il est raisonnable d’affirmer qu’Internet est
un phénomène généralisé. Ses applications inondent les
différents marchés et elles transforment grandement de nombreux
milieux de travail. En effet, le web permet des collaborations
quotidiennes avec des collègues éloignés, ce qui serait
impossible autrement. D’autre part, le développement des
réseaux a influencé positivement la productivité des
travailleurs, mais, en favorisant les relations avec l’extérieur,
il reste moins de temps à ces derniers en ce qui a trait à leur
implication sociale et professionnelle dans leur milieu de travail
immédiat
Bref, les impacts de l’Internet sont présents dans de nombreux
domaines. Le mode de vie des êtres humains, bien que déjà
transformé par l’arrivée de cet immense réseau dans leur chez
soi, est avide de nombreux autres changements. Ainsi, il ne faut
pas regarder bien loin dans l’avenir pour s’apercevoir des
nombreuses possibilités que peut offrir ce réseau.
Déjà, l’Internet nous offre de faire notre épicerie via son
réseau, ou d’y commander une pizza. Dans cette même optique, d’ici
quelques années, lorsque la fibre optique sera plus largement
implantée, rien n’empêchera quelqu’un de se louer un film
sur Internet, sans ainsi avoir à se soucier si le film est
disponible, ou bien si la voiture est déneigée et chauffée. Le
film, provenant d’une banque de donnée française par exemple,
sera directement envoyé chez le client, qui pourra le visionner
quand bon lui semblera, l’information étant préalablement
emmagasinée dans l’ordinateur.
Un autre exemple des multiples applications de l’Internet,
déjà utilisé aujourd’hui, c’est certainement la
communication à moindre coût, qui permet de réunir des familles
séparées par des milliers de kilomètres de distance. Ainsi, des
familles divisées, ou des amis éloignés peuvent se retrouver
grâce à la vidéoconférence et au chat, deux outils
fantastiques offerts par l’Internet.
Bref,
ce réseau s’est introduit dans nos vies, et nombreuses de ses
applications resteront disponibles longtemps, grâce aux multiples
avantages qu’elles apportent. D’autres fonctions s’ajouteront,
le réseau n’étant encore qu’au stade de la petite enfance,
afin de simplifier encore davantage nos vies.
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Pour
en savoir plus |
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Ouvrages
Jacques
Bureau, Dictionnaire de l'Informatique, Larousse, 1972, 223
pages.
Jean-Yvon Birrien, Histoire de l'Informatique, P.U.F.,
1990, 127 pages.
Philippe Breton, Une histoire de l'informatique, Seuil,
1990, 269 pages.
Collectif, Qui a inventé l'ordinateur ? dans Science & Vie,
1996 (HS N° 36), 96 pages.
Gilles Bauche, Les inventeurs d'Internet, dans L'Histoire,
n° 205, décembre 1996, p. 19
Jean-Luc Guedon, La planète Cyber, Internet et Cyberspace,
Paris, Découvertes Gallimard, 1996.
Catherine Bertho-Lavenir, Du télégraphe à Internet: vitesse et
mondialisation, dans L'histoire, n°226,
novembre 1998, p. 34.
Le siècle du numérique, dans PC World Belgium, n° 18,
février 2000, p.56.
A
signaler aussi, quelques renseignements dans:
-
Science
& Vie, novembre 1998, n°975
-
Science
& Vie, décembre 1998, n°976
-
Web
Magazine, juin 1999, n°2
Sites
http://www.virtuel.collegebdeb.qc.ca/langues/davidk/leduc/project/socio.htm
http://www.malexism.com/medias/avenirdinternet.html
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http://www.institut-coherences.fr/INSTITUT/APPLICATIONS/DOCUMTS/servinet2.html
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